L’écriture égalitaire : une communication qui s’engage

Sexisme : un combat sociétal d’actualité 

Dans le courant des mouvements sociaux #metoo ou des actions coups de poing de l’association Les Lionnes qui lutte contre le sexisme en publicité, les communicants sont interpelés pour jouer un rôle plus déterminant dans l’évolution des mentalités.

Si les femmes sont bien entendu les premières et les principales concernées, aujourd’hui le sexisme est une affaire qui touche une large population : les personnes LGBT, Trans, Queer, non-binaires … et dans une certaine mesure aussi les hommes.

 

Le rôle des communicants !

Les médias jouant un rôle d’influence majeur dans notre société, ils sont des éléments clés pour transformer les comportements, et ne peuvent pas continuer à véhiculer consciemment ou non des stéréotypes à caractères sexistes. Les communicants se doivent d’être vigilants et de trouver des solutions : l’écriture égalitaire peut en être une !

 

L’écriture égalitaire ou écriture dite « ouverte » : une solution pour faire progresser votre communication non-sexiste

En tant que communicants nous savons la grande importance des mots. Nous les choisissons avec intelligence pour représenter les marques et pour toucher tous nos publics. En 2021, il est primordial d’adapter notre vocabulaire aux combats actuels de notre société.

L’écriture inclusive est issue d’un mouvement pour que « le masculin » ne « l’emporte » plus sur « le féminin », l’idée étant de proposer une égalité d’approche. Elle correspond à faire apparaître simultanément la forme féminine et masculine d’un mot dans la phrase par un point médian (technicien.ne). Bien que cette nouvelle écriture commence à être adoptée par certain dès 2017, le Premier ministre Édouard Philippe invita l’administration à ne pas employer cette écriture dans les textes officiels, « pour des raisons d’intelligibilité et de clarté ». Jean-Michel Blanquer rejeta en mai 2021 également son utilisation dans le domaine pédagogique, désignant cette écriture comme « un barrage à la transmission de notre langue » car grammaticalement trop complexe, prenant l’exemple des élèves dyslexiques.

Depuis peu, l’entrée du pronom « iel/iels » dans le dictionnaire en ligne Le Petit Robert arrive comme une nouvelle proposition grammaticale. Ce mot valise issu de « il » et « elle », pronom personnel dit « neutre », comme en anglais le pluriel « They », permettrait de désigner une personne dont le sexe n’est pas déterminé ou un groupe de personnes.

Ces propositions d’écriture plus égalitaires sont l’occasion de faire le point sur comment écrire sans stéréotypes de sexe, sans alourdir pour autant la phrase ou complexifier sa lecture.

 

4 pistes pour pratiquer une écriture plus égalitaire :

 

  1. Accorder les noms des métiers, titres, grades et fonctions avec le sexe des personnes qui l’occupent

Les noms de métiers, titres, grades et fonctions existent aussi généralement au féminin. Il est donc important de les accorder à la personne qui occupe le poste.

Par conséquent préférer « Madame la cheffe de projets » à « Madame le chef de projets ».

 

  1. Utiliser l’ordre alphabétique lors d’une énumération de termes identiques

 Pour ne pas mettre le masculin en premier, par habitude, ou en second, par galanterie, préférez tout simplement d’énumérer les noms dans l’ordre alphabétique.

 

  1. Préférez les épicènes ainsi que des termes désignant indifféremment des femmes et des hommes

Un épicène est un mot qui a la même forme au féminin et au masculin. Cela permet de conserver une dimension inclusive à votre phrase.

Ainsi « les lycéens et lycéennes » deviennent « les élèves » ou « les conseillers nationaux » évoluent en « membres du Conseil National ».

Des formulations englobantes peuvent également préserver une ergonomie éditoriale en utilisant « la direction » plutôt que « les directeurs et les directrices ».

 

  1. Parler « des femmes » plutôt que de « la femme », « des hommes » plutôt que de « l’homme ».

Les mots « la femme » et « l’homme » renvoient à une vision dépassée qui suggère des stéréotypes liés à leur sexe.

Par exemple écrivez « La journée internationale des droits des femmes » plutôt que « la journée de la femme ».

 

Maintenant, c’est à vous de jouer pour pratiquer également dans une écriture égalitaire !