Packaging alimentaire : comment se positionner sur les produits “sans” (gluten, lactose…) entre opportunités et réglementations ?

En 2016 déjà, le nombre de produits alimentaires portant la mention “sans” avait augmenté de 26 %, par rapport aux quatre années précédentes (cabinet d’études Innova Market Insights).

La liste des mentions “sans” se prolonge progressivement, dépassant largement la base des “sans allergènes”. On ne compte pas les exemples,  “Sans lactose, sans viande, sans OGM, sans gluten, sans sel, sans huile de palme, sans additifs, sans arômes…”. Cette multiplication des mentions “sans” est révélatrice d’un renouvellement des attentes des consommateurs et de leurs habitudes de consommation. 

Au-delà des raisons de santé bien identifiées, les consommateurs, de plus en plus attentifs à leur bien-être, associent les produits comportant une ou plusieurs mention(s) “sans” à un mode de vie plus sain et diététique.

En effet, selon une étude Xerfi datée de 2016, 58,4% des Français affirment faire leurs courses alimentaires avec la préservation de leur santé en tête.

De plus en plus conscients des dangers des produits transformés, ils sont en quête de produits plus simples, plus naturels, et de façon générale à un “retour aux sources”.


Quid du packaging alimentaire à l’heure du “sans” ?

Ces changements dans les attentes des consommateurs s’illustrent dans l’évolution des emballages et les étiquettes des produits commercialisés. 

Les marques ont pris conscience de l’opportunité que représente ce marché en croissance, et adaptent leur packaging en conséquence. Il s’agit désormais de promouvoir ce que le produit ne contient pas, à travers des mentions qui rassurent le consommateur.

Toutefois, pour ne pas confondre opportunité avec opportunisme, ces mentions obéissent à des réglementations qu’il convient de respecter, et de rendre clairement compréhensibles pour l’utilisateur final, et averti !

Marché du sans-gluten et du sans-lactose : les profils de consommateurs et les opportunités 

  • Le marché du “sans gluten”

Le marché du “sans gluten” touche aujourd’hui jusqu’à près de 12 millions de consommateurs réguliers en France (sondage réalisé par Toluna pour LSA). 

En 2015, une étude du cabinet Xerfi prévoyait déjà que les produits sans gluten devraient représenter un marché de 65 millions d’euros en 2016.

Le marché du sans gluten est volumineux et donc, porteur, parce qu’il a la particularité d’atteindre une cible large, par la diversité des profils de ses adeptes et consommateurs réguliers.

Les consommateurs de produits sans gluten sont à la fois des intolérants au gluten, qui seraient 600 000 en France (source), mais également les “suiveurs de mode” et tous ,ceux qui associent le sans-gluten à un régime alimentaire plus sain.

  • Le marché du “sans lactose”

On estime qu’entre 30 et 50 % de la population français seraient intolérantes au lactose, une proportion grandissante se dirige aujourd’hui vers des alternatives au lait de vache. Ces alternatives, aussi diverses soient-elles, ont en commun d’apposer la mention “sans lactose” sur leur packaging.

  • Les opportunités

La connaissance de ces profils, dans leur diversité, et dans leur attente d’une alimentation plus saine, est un enjeu essentiel pour les marques qui veulent se positionner sur ces marchés porteurs. 

Le packaging est le premier vecteur lisible de positionnement des marques, en reflétant leur capacité à s’adapter aux attentes des consommateurs.

Dès lors, les stratégies qui combinent, le sans-gluten et/ou le sans-lactose avec la mention bio, élargissent leurs opportunités en cumulant des différents profils de consommateurs. (en 2018; 92 % des Français affirment avoir consommé du bio sur les 12 derniers mois. Source)

  • Le point sur les labels

Les labels doivent être affichés dans les règles, pour ne pas tromper l’utilisateur et assurer sa crédibilité.

Un travail de transparence et de pédagogie sur les bienfaits est à transmettre sur le packaging, sans omettre pour autant la notion de plaisir.

  • La réglementation sur les allergènes

Il est obligatoire, depuis 2004, d’indiquer sur les étiquettes des produits alimentaires la présence éventuelle de 14 allergènes reconnus, dont le lait, le gluten, les crustacés, les oeufs ou encore le poisson. 

  • Qu’en est-il des labels “sans gluten” et “sans lactose” à apposer sur le Packaging ?

Un logo sans gluten a été créé par l’AFDIAG (Association Française des Intolérants au Gluten) pour garantir aux consommateurs, dont les personnes atteintes par la maladie cœliaque, que le produit en question contient moins de 20 mg de gluten par kg. 

Pour être autorisé à apposer ce logo sur son packaging, le fabricant doit donc respecter cette norme et se soumettre à des vérifications strictes (analyse et test, audit sur les lieux de fabrications).

Concernant le sans-lactose, il existe bien des labels spécifiques, mais qui ne définissent pas une norme seuil, contrairement au sans-gluten. Le fabricant peut donc déclarer son produit comme étant sans lactose, et apposer un label correspondant sur le packaging. Les autorités peuvent alors contrôler les produits.

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